La présidence espagnole de l’UE/UEO s’annonce « historique et cruciale »

Paris, le 2 décembre 2009 – Avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne le 1er décembre, l’Espagne considère sa présidence de l’Union européenne/UEO entre janvier et juillet prochains comme « historique, passionnante et difficile ».
Intervenant ce mercredi devant l’AESD au nom de M. Miguel Angel Moratinos, Ministre des affaires étrangères, M. Carlos Fernández Arias Minuesa, Représentant permanent de l’Espagne au Conseil de l’UEO/ Comité politique et de sécurité de l’UE, a estimé que le cahier des charges induit par Lisbonne sera très chargé au cours du semestre à venir. Il a indiqué trois priorités institutionnelles : « l’initiative législative populaire », qui pourrait être prise à partir des propositions d’un million de citoyens « d’un nombre significatif d’Etats membres » de l’UE. Selon M. Arias, la consultation publique prévue par Bruxelles pourrait être bouclée « en quelques semaines » et le dispositif mis en place avant la fin de la présidence espagnole.
Deuxième priorité : l’adhésion à la Convention européenne des droits de l’homme, qui passe par des négociations avec le Conseil de l’Europe sur la base « d’un mandat unanime » des 27, une « unanimité qui soulève des difficultés techniques et politiques ».
Enfin, la troisième priorité de l’Espagne est la mise en place du « Service européen pour l’action extérieure » (SEAE), sous l’autorité du Haut Représentant (Vice-Président de la Commission) qui, selon l’Espagne, doit intervenir rapidement, et le SEAE doit être doté d’un budget spécifique et du personnel à la hauteur des enjeux. « La date butoir d’avril prochain fixée par la Commission européenne sur la base d’un accord unanime est un excellent signe, mais il reste beaucoup à faire », a déclaré M. Arias.
Le diplomate a rappelé que l’Espagne n’organiserait pas moins de neuf sommets au cours de sa présidence, et qu’ils seraient dominés par « les rapports euro-américains et euro-méditerranéens ».
Au cours du débat, John Greenway (Royaume Uni, Groupe fédéré) a interrogé M. Arias sur le futur de l’AESD dans le cadre du Traité de Lisbonne. L’Espagne ne peut pas, à elle seule, fournir de réponse claire. « Aux yeux de mon gouvernement, l’AESD est la seule assemblée composée de représentants nationaux qui se consacre à l’avenir de la sécurité. Elle fait un travail énorme qui apporte une véritable valeur ajoutée », y compris « vis-à-vis des opinions publiques », a-t-il dit. « Son avenir dépend des gouvernements des Etats membres. Des divergences s’exprimeront, mais comme d’habitude nous parviendrons à un consensus », a-t-il ajouté.