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Mme Bourjanadzé, Présidente du Parlement géorgien, fustige la Russie
Paris, le 18 décembre 2006 – Mme Nino Bourjanadzé, Présidente du Parlement géorgien, a lancé ce lundi une attaque virulente contre la Russie, accusant le géant voisin de se livrer à la provocation, d’inciter au nettoyage ethnique, de contrecarrer les efforts de paix dans le Caucase du Sud et de s’efforcer d’imposer sa domination totale en matière de sécurité énergétique.

Intervenant devant l’Assemblée de l’UEO, Mme Bourjanadzé a déclaré que l’adoption par la Douma (parlement) russe de résolutions visant à légaliser la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud vis-à-vis de la Géorgie « était une action politique on ne peut plus génératrice de conflits (…), qui avait pour but de provoquer la partie géorgienne, de lancer une escalade et d’entraver le processus de règlement des différends ».

La Géorgie est prête à poursuivre le dialogue avec la Russie, et « à céder sur de nombreux points ». Mais elle « ne transigera pas sur l’intégrité territoriale, le choix démocratique ou l’orientation politique du pays ». Elle a condamné la politique de la Russie et son objectif d’obtenir le pouvoir par une mainmise sur l’énergie et à empêcher la diversification des voies d’acheminement du pétrole de la Géorgie vers l’Europe, « facteur déterminant pour la future stratégie sur la sécurité énergétique de l’Europe ».

Les tentatives de la Russie d’« intégrer les territoires des petits Etats voisins et de modifier unilatéralement les frontières sont absolument incompatibles avec les normes juridiques internationales et excluent de fait la possibilité d’établir une coopération à long terme avec la Russie en tant que partenaire fiable ».

Même si elle garantit officiellement le processus de paix en tant que médiateur objectif et neutre, elle agit comme « instigateur et partisan d’un séparatisme agressif » et prouve à nouveau « le justesse de la demande de la Géorgie concernant l’internationalisation du processus de résolution des conflits ».

Mme Bourjanadzé a souligné que la Géorgie avait fait de son entrée dans l’OTAN « une priorité absolue de sa politique étrangère et de sécurité et une affaire de consensus sociétal ». C’est un élément primordial pour la réforme et le développement de la Géorgie, et pour la lutte menée par l’Europe contre le terrorisme, le trafic de drogue et d’armes et tous les autres crimes commis à l’échelle internationale. Les sondages d’opinion révèlent que 75 % de la population sont favorables à l’appartenance à l’OTAN et indiquent que le « choix du peuple géorgien en faveur de la démocratie et de l’intégration dans la communauté euro-atlantique est définitif et irréversible et ne saurait être remis en cause ».

Souscrivant aux critiques émises par la Géorgie à l’encontre de la Russie, Jean-Pierre Masseret, Président de l’Assemblée de l’UEO, a déclaré que l’Assemblée « n’approuve pas l’attitude de la Russie », qu’elle demeurera « attentive », avec les parlements qui la composent, à tout développement et qu’elle réagira en conséquence.

La Géorgie, qui a pris des mesures contre la corruption, a réalisé une croissance de 9,3 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2005, quadruplé son budget en trois ans, réduit les impôts et mis l’accent sur l’Etat de droit et l’indépendance du système judicaire, objectifs qu’elle estime prioritaires pour la démocratie naissante. Son budget de la défense représentera 2,45 % de son PIB en 2007, puis 3 % les années suivantes, et l’armée « est considérée par de nombreux experts comme la mieux entraînée et équipée de la région ».

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