Accueil
Pr�sentation
Activit�s
Documents
Presse & RP
Who's who?
Liens
Plan du site
Contacts
Recherche sur le site
Click here for english version

COMPTE RENDU OFFICIEL DES D�BATS SEPTI�ME S�ANCE


Compte rendu officiel de la septi�me s�ance - mardi 6 d�cembre 2005


TABLE DES MATIÈRES

Compte rendu officiel de la septi�me s�ance - mardi 6 d�cembre 2005

SEPTI�ME S�ANCE

Mardi 6 d�cembre 2005

La s�ance est ouverte � 10 heures, sous la pr�sidence de M. Goris, Pr�sident de l’Assembl�e.

1. Pr�sences

M. le PR�SIDENT – Les noms des repr�sentants et des suppl�ants si�geant � la pr�sente s�ance, qui ont �t� port�s � la connaissance de la pr�sidence, seront publi�s dans la liste de pr�sence annex�e au proc�s-verbal.

2. Adoption du proc�s-verbal

M. le PR�SIDENT – Conform�ment � l’article 23 du R�glement, le proc�s-verbal de la pr�c�dente s�ance a �t� distribu�.

Il n’y a pas d’observations ?...

Le proc�s-verbal est adopt�.

3. Le maintien de la paix en Afrique sub-saharienne�: une approche concr�te

M. le PR�SIDENT – L’ordre du jour appelle la pr�sentation du rapport de M.�Charles Goerens, au nom de la Commission politique, sur le maintien de la paix en Afrique sub-saharienne�: une approche concr�te, contenu dans le Document 1913. Apr�s la pr�sentation de ce rapport, je donnerai la parole � S.E. M.�l’Ambassadeur�Djinnit, Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine.

M. GOERENS (Luxembourg)�– M.�le Pr�sident, mes chers coll�gues, ces derniers mois, la pr�sidence britannique et l’Assembl�e ont fait de l’Afrique une priorit�: le Premier ministre Tony Blair a pr�sid� la Commission pour l’Afrique ; le Sommet du G8, r�uni � Gleneagles, a pris � nouveau d’importantes d�cisions concernant les obligations financi�res internationales d’un certain nombre de pays africains lourdement endett�s ; et le Conseil europ�en a d�cid�, en juin dernier, d’adopter une strat�gie � long terme pour l’Afrique � la fin de cette ann�e.

La pr�sidence de l’Union europ�enne a invit� l’Assembl�e � apporter sa contribution � la r�flexion actuellement poursuivie par les gouvernements de l’Union. En septembre dernier, l’Assembl�e a organis�, avec la Chambre des repr�sentants de Belgique, une conf�rence sur ��le maintien de la paix en Afrique sub-saharienne�: une approche concr�te��, � laquelle a particip� Louis Michel, Commissaire europ�en au d�veloppement. En octobre dernier, la Commission a pr�sent� sa communication intitul�e ��La Strat�gie de l’Union europ�enne pour l’Afrique : vers un pacte euro-africain pour acc�l�rer le d�veloppement de l’Afrique��. Il s’agit d’un document tr�s complet, qui d�crit par le menu les possibilit�s d’assistance offertes par la Commission en mati�re de d�veloppement. Celle-ci pr�conise une approche coh�rente du d�ploiement de tous les instruments � la disposition de l’Union europ�enne et des politiques et activit�s de l’Union et de ses pays membres.

Javier Solana, notre Secr�taire g�n�ral, a pr�sent�, en sa qualit� de Haut repr�sentant de l’Union europ�enne, une contribution tr�s int�ressante mettant l’accent sur le fait que les mesures en mati�re de commerce, d’assistance et d’all�gement de la dette doivent aller de pair avec une action en faveur de la paix et de la s�curit� – ainsi qu’en faveur de la bonne gouvernance, je tiens � le souligner.

Je souscris pleinement � l’analyse de M.�Solana : le lien entre s�curit� et d�veloppement est d�sormais bien �tabli et l’exp�rience nous a enseign� que m�me un conflit mineur peut retarder de plusieurs ann�es le d�veloppement social, �conomique et d�mocratique d’un pays. Je profite ici de l’occasion qui m’est offerte de remercier les collaborateurs tr�s comp�tents de M.�Solana, qui travaillent pour la Task Force Afrique, de l’�change de vues tr�s fructueux que nous avons eu.

Je suis heureux de vous dire aussi qu’en tant que rapporteur, j’ai b�n�fici� d’une excellente coop�ration avec la pr�sidence qui a soutenu et organis� une mission tr�s r�ussie � Addis-Abeba, nous fournissant volontiers des documents d’information, et qui s’est montr�e pr�te � engager un dialogue informel.

Je tiens � saluer M.�Djinnit avec lequel j’ai eu le grand privil�ge de pouvoir m’entretenir en pr�sence de M.�Konar�.

En effet, � Addis-Abeba, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec plusieurs repr�sentants de l’Union africaine et de la Commission de l’Union africaine et j’ai particip� � une importante r�union pr�paratoire de la Force africaine d’alerte. J’ai ainsi eu l’occasion de rencontrer le Commissaire pour la paix et la s�curit�, Sa�d�Djinnit, pr�sent parmi nous aujourd’hui, ainsi que le pr�sident de la commission, Alpha Oumar Konar�. Nous avions fait connaissance dans le cadre de nos pr�c�dentes fonctions. M. le Commissaire Djinnit, votre pr�sence aujourd’hui en ces lieux est un grand honneur pour nous et conf�re � nos travaux une reconnaissance suppl�mentaire.

L’Assembl�e recherche, depuis toujours, le dialogue avec ses partenaires africains. De nombreux parlementaires de pays africains ont particip� � notre conf�rence � Bruxelles, et certains d’entre eux sont revenus aujourd’hui. Ils ont tous �t� une source majeure d’inspiration dans l’�laboration du rapport que je pr�sente et j’esp�re qu’� sa lecture, ils auront l’impression d’avoir �t� �cout�s.

Ce rapport a �t� adopt� par la Commission politique avant la r�union du Conseil des ministres des affaires �trang�res de l’Union europ�enne, qui s’est tenue les 21 et 22�novembre derniers, lors de laquelle ceux-ci ont tir� des derni�res conclusions des diverses contributions. Une excellente occasion nous est aujourd’hui donn�e de r�pondre au Conseil et de lui pr�senter notre �valuation, avant l’adoption finale de la ��Strat�gie de l’Union europ�enne pour l’Afrique�� lors du Conseil europ�en des 15 et 16 d�cembre prochains.

Notre rapport et les conclusions du Conseil se rejoignent sur de nombreux points, tels que l’appropriation africaine, la coh�rence des politiques et des approches, l’inclusion des organisations africaines sub-r�gionales, le besoin d’un soutien financier � long terme pour l’Union africaine, la lutte contre la prolif�ration des armes l�g�res et de petit calibre.

La port�e du document du Conseil est bien plus large que celle de notre rapport. Il couvre aussi des sujets tels que le commerce, les migrations, les infrastructures et la politique de d�veloppement. Le rapport de l’Assembl�e se concentre, lui, sur les aspects s�curitaires, les activit�s en cours et le r�le de l’Union africaine et ses capacit�s de gestion de crise, en particulier, le maintien de la paix et son financement futur, fond� sur les moyens fournis par l’Union europ�enne dans le cadre de la Facilit� de paix pour l’Afrique.

Le Conseil de l’Union europ�enne parle d�sormais d’une ��Strat�gie de l’Union europ�enne pour l’Afrique��. Il n’y a pas si longtemps, son objectif �tait de pr�senter une strat�gie de partenariat avec l’Afrique. Je pense que nous devons conserver cette id�e d’un partenariat entre l’Union europ�enne et l’Afrique, mais que nous devons veiller � ce qu’il ne devienne pas un partenariat sans partenaires, comme ce fut r�cemment le cas dans le cadre d’Euromed.

S’agissant du financement de la gestion de crise en Afrique, le Conseil d�clare simplement que la Facilit� de paix pour l’Afrique doit b�n�ficier d’un financement � long terme. Notre rapport contient un chapitre d�taill� sur cette Facilit� et sur ce qu’il convient de faire pour maximiser son impact et ses capacit�s de soutien, n�cessit�s dont le Conseil prend note avec prudence.

Nous sommes d’accord qu’il ne s’agit pas de r�inventer la roue, mais un engagement plus convaincant du Conseil visant � r�alimenter, r�former, et rebaptiser la Facilit� afin qu’on sache clairement qui est � l’origine du financement et qui prend finalement les d�cisions serait le bienvenu. Nous appelons de nos voeux la cr�ation d’un fonds africain de paix et de s�curit�, auquel contribueraient les pays europ�ens et africains, d’un fonds compl�mentaire d’autres sources de financement augmentant la pr�visibilit� des actions de gestion de crise par l’Union africaine. Notre engagement vis-�-vis de la notion d’appropriation africaine restera vide de sens si nous ne donnons pas aux Africains les moyens d’agir par eux-m�mes.

Nous sommes d’accord, sur le fond, avec la proposition du Conseil de renforcer le dialogue politique Union europ�enne-Union africaine mais nous voulons un engagement plus concret. Le Comit� politique et de s�curit� de l’Union europ�enne jouant un r�le d�cisif pour d�terminer les aides financi�res et autres � apporter � l’Union africaine, nous recommandons la tenue de r�unions r�guli�res, au niveau des ambassadeurs, entre ce Comit� politique et de s�curit� de l’Union europ�enne et le Conseil pour la paix et la s�curit� de l’Union africaine. Compte tenu de la distance qui s�pare Bruxelles d’Addis-Abeba, on pourrait songer � organiser des vid�oconf�rences pour faciliter le dialogue.

Le renforcement des pays africains afin de d�ployer des forces de gestion de crises et de maintien de la paix est l’une des priorit�s identifi�es � juste titre par le Conseil. Il s’agit d’un domaine o� les membres de l’Union europ�enne apportent d’importantes contributions � titre individuel. Le Conseil propose de soutenir des centres d’information en Afrique. Lors de la conf�rence de l’Assembl�e, � Bruxelles, notre ancien Pr�sident, Armand De Decker, aujourd’hui Ministre belge de la coop�ration au d�veloppement, a sugg�r� de mettre en place un base militaire commune Union europ�enne-Union africaine en Afrique centrale, o� des soldats europ�ens et africains pourraient �tre form�s ensemble et des �quipements mis � leur disposition. Nous pensons que cette id�e vaut d’�tre approfondie si nos partenaires africains en sont d’accord.

Voici donc quelques-uns des points que je voulais �voquer aujourd’hui � titre de comparaison entre les conclusions du Conseil et notre rapport.

L’Union europ�enne ne doit pas consid�rer l’Afrique � seule fin d’y trouver son propre avantage, en ne se pr�occupant que de sa richesse mat�rielle, et en redoutant les pressions des migrations. Nous sommes � la recherche d’un partenariat avec notre voisin du Sud, avec lequel nous avons d’�troites relations historiques, culturelles et �conomiques, mais qui a �t� aussi victime d’une grande injustice dans le pass�; le peuple africain a endur� de terribles souffrances � cause des d�cisions prises par nos pays, ou � cause de celles qu’ils n’ont pas prises. Bien que nous ne puissions pas intervenir dans tous les conflits, cela ne signifie pas pour autant que nous ne devions pas agir, quand nous le pouvons, pour �viter d’importantes pertes en vies humaines.

Pour conclure, permettez-moi de dire simplement ceci. La reconnaissance de nos responsabilit�s envers les peuples d’Afrique, les engagements que nous avons pris dans divers forums, au G8, au Sommet mondial des Nations unies, dans le cadre des Accords de Cotonou, notre discours sur la ��responsabilit� de prot�ger�� sont autant de promesses que nous devons tenir. Si nous ne parvenons pas � donner � l’Union africaine les moyens de r�gler maintenant les probl�mes du continent, la facture et surtout le tribut � payer en vies humaines seront encore plus lourds demain.

La pr�sidence nous a invit�s � apporter une contribution � ses travaux sur le document final destin� au Conseil europ�en qui se tiendra dans quelques jours et o� la Strat�gie de l’Union europ�enne pour l’Afrique doit �tre adopt�e. Votre vote aujourd’hui nous permet d’envoyer un signal fort au Conseil pour lui dire que nous voudrions que certaines conclusions provisoires de ministres des affaires �trang�res soient renforc�es dans le document final et que les propositions concr�tes que nous pr�sentons dans notre rapport soient mises en application. (Applaudissements.)

4. Discours de S. E. M. l’Ambassadeur Sa�d Djinnit,
Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine

M. le PR�SIDENT (r�sum�) introduit le point suivant de l’ordre du jour, le discours du Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine, S. E. M. Sa�d Djinnit. Comme le rapporteur Charles Goerens l’a dit pr�c�demment, sa pr�sence est une marque forte de reconnaissance du travail, de l’int�r�t et de l’engagement de cette Assembl�e dans le domaine de la s�curit� du continent africain.

Lui-m�me auteur du pr�c�dent rapport sur le maintien de la paix en Afrique, le Pr�sident l’assure de son int�r�t pour l’�volution de l’Union africaine. L’Assembl�e croit au futur du continent africain et au r�le central que l’Union africaine doit jouer, non seulement dans le d�veloppement social et �conomique mais aussi en ce qui concerne la bonne gouvernance et la r�duction des crises et des conflits en Afrique.

Il ne peut y avoir de d�veloppement durable sans s�curit�, et l’Assembl�e continuera � exercer une pression sur ses membres afin qu’ils respectent les promesses qu’ils ont faites et � soutenir cet excellent travail. Le Commissaire Djinnit est une figure internationalement reconnue, consult�e par les Africains comme par les Europ�ens sur les questions de s�curit�. Avec le Pr�sident Konar�, il travaille quotidiennement � r�soudre les conflits actuels du continent et il a r�serv� au rapporteur un accueil magnifique � Addis-Abeba. Il sera �cout� avec attention.

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine) – M. le Pr�sident, Mesdames et Messieurs les membres de l’Assembl�e, permettez-moi tout d’abord d’exprimer au Pr�sident de l’Assembl�e les remerciements du Pr�sident de la Commission de l’Union africaine, M.�Alpha�Oumar�Konar�, pour l’invitation qu’il lui a adress�e en vue de prendre part � cette session.

Merci, M. le Pr�sident, pour les mots tr�s encourageants que vous venez de prononcer � l’adresse de l’Union africaine et de sa Commission, et pour l’espoir que vous placez dans les capacit�s de l’Union africaine et des dirigeants africains, en g�n�ral, � faire face aux diff�rents d�fis qui se posent � l’Afrique.

Permettez-moi encore de dire le plaisir et la joie que j’ai de repr�senter la Commission de l’Union africaine et son Pr�sident aux pr�sentes assises.

Enfin, je veux remercier M. Charles Goerens, rapporteur, pour l’enthousiasme qu’il a partag� avec nous � Addis-Abeba lors de sa visite, la profondeur et l’utilit� des entretiens que nous avons eus avec l’ensemble des responsables concern�s � Addis-Abeba sur les questions centrales, sur les questions de paix et de s�curit� sur le continent africain.

M. le Pr�sident, il m’a �t� demand� de faire une pr�sentation sur l’exp�rience de l’Union africaine en mati�re de maintien de la paix et de s�curit� sur le continent africain. Je le ferai aussi bri�vement que possible en la situant dans le cadre de l’Agenda de l’Union africaine pour la paix et la s�curit�. S’il fallait pr�senter cet agenda en quelques mots, je dirais qu’il s’articule autour des mots cl�s suivants : mandat, principe, architecture, partenariats, d�fis.

S’agissant du mandat, l’Union africaine a re�u pour mandat d’agir et d’intervenir pour promouvoir la paix et la s�curit� sur le continent africain � travers plusieurs m�canismes et mesures.

Tout d’abord, la pr�vention des conflits car, en effet, la priorit� est de pr�venir les conflits avant qu’ils n’�mergent en conflits ouverts.

La pr�vention des conflits s’op�re � travers la pr�vention structurelle des conflits, par des programmes de gouvernance et de promotion de la d�mocratie et de l’Etat de droit. C’est � travers la probl�matique de la d�mocratie qui s’est pos�e dans les ann�es 1990 avec le multipartisme en Afrique que l’Union africaine a ouvert une page de son programme de promotion de la gouvernance et de la d�mocratie. Depuis les ann�es 1990, l’Union africaine s’emploie � d�velopper un programme de d�mocratie et de gouvernance. Parmi les objectifs � court terme, l’Union africaine vise � adopter une charte des �lections, de la d�mocratie et de la gouvernance contenant l’essentiel des valeurs r�cemment d�velopp�es au sein des institutions africaines en relation avec des institutions internationales pour promouvoir la d�mocratie et la gouvernance sur le continent africain.

Au-del� du programme de pr�vention structurelle des conflits, il est essentiel de mettre en place des m�canismes pour la pr�vention op�rationnelle des conflits et cela � travers un syst�me continental d’alerte rapide ou d’alerte pr�coce. Je dirai un mot sur ce sujet par la suite.

Le deuxi�me aspect du mandat r�side dans la gestion des conflits. Lorsque les conflits n’ont pu �tre pr�venus, il est important de les g�rer et de les r�gler � travers la mise sur pied et le fonctionnement de structures et de m�canismes pr�vus dans l’architecture de paix et de s�curit�, y compris les op�rations de maintien de la paix.

A cet �gard, j’ouvrirai une parenth�se importante sur la vie du continent et de ses institutions. La probl�matique des op�rations du maintien de la paix est un domaine nouveau dans le contexte africain. Lorsque le Secr�taire g�n�ral de l’ancienne Organisation de l’Unit� africaine avait pr�sent� en 1992 un rapport aux chefs d’�tat � Dakar, il avait pr�vu une composante sur les op�rations de maintien de la paix dans les propositions de mise en place de ce m�canisme, le premier, que l’organisation continentale n’a jamais pu instaurer. En 1992, les chefs d’�tat et les �tats eux-m�mes �taient unanimes pour consid�rer qu’il n’appartenait pas � l’OUA de l’�poque de s’impliquer dans des op�rations de maintien de la paix, parce que cela demeurait de la comp�tence exclusive des Nations unies qui en avaient le mandat, les capacit�s, l’expertise et les ressources. Ce n’est qu’en 1993 que le m�canisme de Dakar a �t� adopt� au Caire. Entre-temps, la proposition du Secr�taire g�n�ral avait �lagu� tout ce qui �tait li� aux propositions relatives � l’implication de l’Organisation de l’Unit� africaine de l’�poque dans les op�rations de maintien de la paix. L’Organisation avait uniquement �t� autoris�e � d�ployer des missions d’observation limit�es en temps et en nombre. Voil� ce que l’Organisation de l’Unit� africaine a fait au d�but des ann�es 1980 et dans les ann�es 1990.

Le dernier �l�ment du mandat pour pr�venir, g�rer, puis consolider la paix rel�ve d’un domaine �galement nouveau. Autant l’OUA a d�velopp� une certaine exp�rience de gestion du conflit, autant elle a essay� de s’impliquer dans la pr�vention des conflits � travers l’instauration de programmes de pr�vention structurelle et le m�canisme qui est en train d’�tre mis en place. D�sormais, autant l’Union africaine que les institutions r�gionales africaines essaient de s’impliquer dans la consolidation de la paix. De nombreux exemples – le Liberia, la Sierra Leone, la Somalie – montrent que, si la paix n’est pas consolid�e apr�s le conflit, le risque est grand de revenir � des situations instables. L’Union africaine pense donc s’impliquer dans la consolidation de la paix par un programme de post-conflit, qui sera prochainement soumis aux chefs d’Etat pour adoption et qui ouvrira un nouveau chapitre dans l’intervention de l’Union africaine visant � consolider la paix.

Quelques mots sur le principe. J’ai pour habitude de dire que l’action de l’Union africaine en mati�re de maintien de la paix a �t� largement inhib�e par l’application ��abusive�� du principe de non-ing�rence. Dans le contexte de l’Union africaine, nous avan�ons plus volontiers le principe de non-indiff�rence, par opposition au principe de non-ing�rence, qui donne mandat � l’Union africaine d’intervenir en cas de situation de conflit en Afrique, y compris pour imposer la paix dans des conditions assez limit�es, pr�vues par l’Acte constitutif. C’est dire que d’une organisation essentiellement paralys�e par l’usage abusif du principe de non-ing�rence dans les affaires int�rieures des �tats membres, nous �voluons vers une organisation qui tente de mettre en oeuvre le principe de non-indiff�rence, ou du devoir d’assistance ou encore d’intervention. Mais nous pr�f�rons l’envelopper dans le contexte de ��non-indiff�rence�� par opposition � la notion de ��non-ing�rence��.

Il existe une architecture et des principes, mais il faut une architecture de paix et de s�curit� pour soutenir cette nouvelle volont� de l’Union africaine et des institutions r�gionales.

A cet �gard, le Conseil de paix et de s�curit� – nouvel organe clef du dispositif et de l’architecture de paix et de s�curit� dans le continent – est �videmment au coeur du dispositif. A l’image du Conseil de s�curit� des Nations unies, il est l’organe de d�cision dans le domaine de la paix et de la s�curit� au niveau du continent. Il s’appuie sur un certain nombre de structures. J’en citerai au moins quatre dont la Commission de l’Union africaine qui a un pouvoir de proposition, de suivi et de mise en oeuvre des d�cisions du Conseil de paix et de s�curit�. Outre celle-ci, le Conseil de paix et de s�curit� est flanqu� de structures, tels le Syst�me continental d’alerte pr�coce, la Salle de veille de l’Union africaine qui est en voie de construction ; elle existe d’ores et d�j� � Addis-Abeba � un niveau assez limit�, mais elle est en cours de d�veloppement et doit �tre reli�e au centre d’alerte pr�coce des diff�rents m�canismes r�gionaux ainsi qu’� d’autres organisations et institutions, y compris de la soci�t� civile.

Certaines organisations r�gionales mettent aussi actuellement en oeuvre des m�canismes de pr�vention de conflits�: la CEDEAO en particulier en est d�j� dot�e�; quant � celui de l’IGAD, il n’est pas encore op�rationnel. Il s’agira de mettre en relation ces organismes afin de recueillir le maximum d’informations et de pouvoir les traiter et les analyser en vue d’une action engag�e suffisamment � l’avance pour �viter que des situations n’explosent et se transforment en conflits ouverts. Nous sommes donc dans une phase de construction de ce dispositif qui existe d�j� � l’�tat embryonnaire, mais qui va nous engager pendant les ann�es � venir.

Quant � la Force africaine en attente – M. Goerens en a parl� dans son rapport – elle est le bras arm� du dispositif. C’est, � mon sens, l’une des diff�rences fondamentales entre l’Union africaine et l’OUA en termes de structure et de dispositif. En effet, affirmer une volont� est une chose, promouvoir les d�cisions en est une autre. C’est cette initiative qui va permettre � l’Union africaine de concr�tiser sa volont� d’une mani�re effective et efficace.

La Force africaine en attente est compos�e de cinq brigades, une par r�gion continentale g�ographique, entra�n�es et partageant des concepts communs – g�n�ralement inspir�s de ceux des Nations unies, mais tenant compte d’un certain nombre de r�alit�s africaines - une doctrine commune, en vue de conduire des op�rations de soutien � la paix.

Des progr�s ont �t� enregistr�s dans la mise en place de la Force africaine en attente et des r�unions ateliers sont programm�es pour la finaliser. Il est pr�vu que cette Force africaine en attente soit effective avant 2010, mais l’espoir est grand d’aboutir avant cette date. En effet, certaines r�gions sont d�j� avanc�es en termes de mise en place des �l�ments de planification de ces forces et pourraient intervenir dans le cadre de l’Union africaine ou des organisations r�gionales pour maintenir la paix dans le continent. Elles pourraient m�me �tre mises � la disposition des Nations unies.

J’aborde maintenant le chapitre du partenariat sur la base d’un mandat plus fort car si nous nous dotons donc d’une architecture, nous sommes conscients des limites des moyens de l’Union africaine, d’o� la n�cessit� d’un partenariat dans le cadre de la mise en oeuvre du principe de solidarit� internationale et du partenariat international pour la paix et la s�curit�.

La priorit� de notre partenariat s’oriente d’abord vers les Nations unies parce que nous croyons fermement � la l�galit� internationale et, au niveau d’interventions internationales, continentales et r�gionales, au r�le principal des Nations unies et du Conseil de s�curit� dans le maintien de la s�curit� et de la paix mondiale. Un partenariat tr�s solide s’impose donc avec les Nations unies.

En aval, nous d�veloppons aussi des relations et un fort partenariat avec les cinq r�gions africaines, parce que nous croyons que les groupements �conomiques r�gionaux africains sont les piliers du dispositif d’int�gration �conomique et sociale mais aussi du dispositif de paix et de s�curit� du continent. Cette architecture, qui part des r�gions pour aller vers le continent et les Nations unies au niveau global, est donc essentielle.

Nous pensons que l’Union africaine a, de ce point de vue, un r�le d’interface important � jouer car c’est par l’Union africaine que l’Afrique va vers les Nations unies, c’est-�-dire vers le global et c’est par l’Union africaine que le global va vers le continent.

Un deuxi�me �l�ment du pilier fondamental est constitu� par les autres institutions multilat�rales et bilat�rales. C’est dans ce contexte que se d�veloppent des partenariats importants, notamment avec l’Union europ�enne. Je citerai un certain nombre de missions concr�tes dans lesquelles s’est manifest� ce partenariat.

Depuis la transformation de l’OUA en Union africaine, deux op�rations de maintien de la paix ont �t� d�ploy�es. La premi�re au Burundi. Je rappelle que les Nations unies �taient r�ticentes � y d�ployer initialement une op�ration de maintien de la paix, parce qu’elles consid�raient que la paix n’avait pas � �tre pr�serv�e compte tenu du fait que les principaux mouvements arm�s n’avaient pas sign� l’Accord d’Arucha. L’Union africaine s’est donc trouv�e contrainte de d�ployer des contingents sud-africain, �thiopien et mozambicain pendant pr�s de treize mois avant que, enfin, les Nations unies acceptent, � la demande de l’Union africaine, de prendre le relais de l’op�ration de maintien de la paix. Entre-temps, un groupe rebelle important – dont est issu l’actuel Pr�sident du Burundi – a sign� l’accord de paix. Ce n’est qu’� partir de ce moment-l� que les Nations unies ont consid�r� que les conditions �taient r�unies, m�me si le parti du FLN Paleotu n’a toujours pas rejoint le camp de la paix dans ce pays. Nous avons donc ainsi lanc� une op�ration de la paix, soutenue largement par des partenaires europ�ens dans le cadre des Accords de Cotonou, mais aussi gr�ce aux moyens d�gag�s par des membres de l’Union europ�enne et les Etats-Unis.

L’autre mission-phare d�ploy�e dans le cadre de l’Union africaine l’a �t� au Darfour, au Soudan. Sept mille hommes y ont �t� d�ploy�s, l� encore avec le soutien de l’ONU, l’Union europ�enne et l’OTAN. Nous envisageons �galement un certain nombre d’op�rations de soutien � la paix � l’est du Congo pour contribuer au d�sarmement de certains groupes, ainsi qu’en Somalie d�s que les conditions le permettront.

Le dernier point de mon intervention concerne le v�ritable d�fi que constituent pour nous toutes ces actions. Ce d�fi nous a permis, je crois, de montrer l’ambition du continent, notamment des institutions continentales en termes de d�termination, � mettre en place un nouveau mandat de ��non-indiff�rence��. A travers ces missions au Burundi et au Soudan ainsi que par les autres op�rations qu’elle m�ne pour soutenir la paix dans le continent, l’Union africaine a montr� la d�termination de l’Afrique � mettre en place, � assumer et � exercer pleinement son nouveau mandat. Dans le m�me temps, l’Union africaine a gagn� une exp�rience et b�ti une capacit�. En effet, nous sommes soucieux, dans ce processus, de b�tir une telle capacit�, fondamentale pour l’avenir du r�le des institutions africaines en mati�re de maintien de la paix.

Cette nouvelle d�termination de l’Union africaine illustre l’ambition du continent, mais �galement les limites de ce qu’il peut faire seul, et �galement avec ses partenaires. Nous ne disposons pas des ressources humaines n�cessaires pour entreprendre cet immense mandat. Nous sommes aussi confront�s � des limites financi�res et c’est la raison pour laquelle nous avons fait appel aux moyens financiers de nos partenaires. A cet �gard, il convient de souligner les efforts consentis par l’Union europ�enne pour soutenir l’Union africaine dans ses efforts de maintien de la paix.

La formation des contingents constitue une autre limite � cette action. En effet, ceux que nous avons mis en place au Burundi ou au Soudan n’ont pas toujours la formation requise, notamment en mati�re de police. Si nous avons d�ploy� plus de 1 500�policiers au Darfour, nombre d’entre eux n’avaient pas toujours les capacit�s n�cessaires pour faire face � une telle situation. Par cons�quent, la probl�matique de la formation limite aussi la port�e de l’action de l’Union europ�enne.

Il est essentiel que la communaut� internationale, en particulier nos partenaires europ�ens, continue � soutenir l’Union africaine tant au niveau financier et logistique que politique. L’Union africaine est d’autant plus d�termin�e � assumer ses responsabilit�s dans la promotion de la paix, de la s�curit� et de la stabilit� que son intervention a une valeur ajout�e �vidente. Mais son action ne peut aboutir sans le soutien de ses partenaires. De ce point de vue, il est fondamental de mobiliser, sur une base durable et pr�visible, les ressources n�cessaires au financement de l’Union africaine.

La Facilit� de paix pour l’Afrique, mise en place par l’Union europ�enne, est un instrument essentiel. Il convient d’oeuvrer au maintien et au renforcement de cet instrument ainsi qu’� la mise en place d’instruments compl�mentaires.

Pour terminer, j’aimerais formuler deux observations.

En premier lieu, il me semble opportun de dire ici combien il est essentiel d’investir dans le partenariat entre l’Union africaine et l’Union europ�enne. La Facilit� de paix a non seulement permis � l’Union africaine d’agir au Soudan et ailleurs auparavant, mais elle a aussi r�v�l� les possibilit�s immenses de partenariat entre l’Union europ�enne et l’Union africaine. Un des grands avantages de la Facilit� de paix a �t� de mettre en relief les tr�s grandes possibilit�s offertes par ce partenariat pour la coop�ration entre l’Union africaine et l’Union europ�enne.

En second lieu, j’aimerais souligner que l’av�nement de l’Union africaine fond� un peu sur le mod�le de l’Union europ�enne, avec une Cour de justice � l’image de la Cour de justice europ�enne et un Conseil �conomique et social, ont renforc� les possibilit�s de coop�ration entre l’Union europ�enne et l’Union africaine.

Mon dernier mot sera pour dire que, s’il convient d’investir dans la relation entre l’Union africaine et l’Union europ�enne, il faut le faire �galement dans les institutions africaines. Le changement en Afrique ne se fera que par les institutions africaines. Celles-ci sont en train d’�tre b�ties. Un mandat nouveau, sur la base de principes nouveaux, vient d’�tre cr��. Un partenariat s’est instaur� pour consolider cet ensemble. Il importe que l’on donne vie � ces institutions africaines, car ce n’est que par l’Afrique que le changement pourra s’op�rer. Toute la probl�matique du renforcement des capacit�s africaines repr�sente pour moi une dimension strat�gique du partenariat entre l’Afrique et l’Union europ�enne.

Puisque je me trouve dans une institution europ�enne, je me dois, pour finir, de souligner l’importance du soutien qu’il convient d’apporter aux institutions de l’Afrique par le biais de programmes de renforcement des capacit�s africaines. (Applaudissements.)

M.�le PR�SIDENT�– Je vous remercie, M. l’Ambassadeur, de votre intervention. Je vous prie de rester dans l’h�micycle car plusieurs orateurs ont exprim� le souhait de vous poser des questions.

Avant toute chose, permettez-moi de vous remercier pour votre expos� tr�s clair, qui repr�sente une valeur ajout�e au rapport de M.�Goerens. Vous avez fort bien soulign� � la fois les ambitions de l’Union africaine et leurs limites sur le plan pratique. Il �tait important que vous lanciez ici un appel en faveur d’un soutien europ�en au niveau logistique et financier. Comme vous l’avez soulign� � juste titre, il nous faut investir, ensemble, dans ce partenariat entre l’Union africaine et l’Union europ�enne et davantage dans les institutions africaines.

La parole est � M.�Mota Amaral.

M.�MOTA AMARAL (Portugal) – Je m’associe aux f�licitations adress�es par notre Pr�sident au Commissaire Djinnit pour son expos�, et surtout je me f�licite de l’appel lanc� � notre Assembl�e, que nous transmettrons � nos parlements et gouvernements respectifs, en vue d’une solidarit� accrue, d’un partenariat entre l’Europe et l’Afrique en ce qui concerne la paix, la s�curit� et le d�veloppement, qui en est la base. Nous avons besoin d’un nouveau d�part dans les relations entre l’Europe et l’Afrique, qui oublie l’ancien colonialisme et le n�o-colonialisme et se fonde sur une vraie solidarit� humaine. Notre coop�ration est absolument n�cessaire pour y parvenir.

Pouvez-vous m’indiquer quel est le bilan des progr�s r�alis�s dans la mise en oeuvre des grands principes de pr�vention des crises, la d�mocratie, la bonne gouvernance dans les pays situ�s imm�diatement au sud du Sahara et auxquels fait r�f�rence le rapport de M.�Goerens ?

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M.�Djinnit.

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine)�– M.� Mota Amaral vient de poser une question fondamentale sur le bilan de l’action des institutions africaines et de l’Union africaine par rapport � toute la probl�matique de la paix et de la gouvernance. Pour avoir �t� de ceux qui ont propos� des initiatives au niveau continental, je me dois de rappeler que, pour la premi�re fois, en 1990, le mot ��d�mocratie�� a �t� adopt� au niveau continental en tant que valeur partag�e et commune. Avant cela, il �tait difficile de faire passer le mot ��d�mocratie�� dans un quelconque document au nom de l’Union africaine. Il y a quinze ans, il n’y avait pratiquement aucune opposition. Aujourd’hui, il y a des oppositions et, en d�pit de bien des difficult�s, le pluralisme est en marche. A mon sens, la grande r�alisation, le grand progr�s dans le continent, c’est encore une fois l’Union.

Dans le pass�, nous fondions notre unit� sur notre proximit� g�ographique. Le fait de vivre sur le m�me continent nous rendait unis. Aujourd’hui, il est admis que si la proximit� g�ographique est sans doute un facteur important pour l’unit�, elle est aussi un facteur d’adversit�. A cet �gard, l’Europe nous a montr� comment la proximit� g�ographique peut ne pas se r�v�ler un facteur de paix. C’est pourquoi nous voulons d�sormais fonder notre unit� non plus sur la g�ographie mais sur des valeurs communes partag�es. Au cours des vingt derni�res ann�es, beaucoup de valeurs ont �merg�. Ces valeurs s’inspirent des valeurs universelles, mais quand elles sont d�velopp�es par des Africains et non impos�es de l’ext�rieur, elles tiennent compte des r�alit�s africaines. C’est un des avantages des institutions d�veloppant des valeurs communes.

Je crois au d�veloppement d’institutions africaines. Il y a quelques ann�es, il n’y avait pas d’institutions d�mocratiques, pas de parlements, pas d’efforts en vue de d�velopper des appareils judiciaires ind�pendants. Aujourd’hui, tout cela est en marche. L’Afrique est un immense chantier de transformations institutionnelles. C’est pourquoi je consid�re que le plus grand d�fi qui nous est lanc� est de soutenir le continent dans la mise en place de ces institutions.

Nous pourrons ensuite leur faire confiance. Des institutions, cr��es dans le secteur des m�dias ou de la s�curit�, se d�velopperont d’elles-m�mes, d�s lors qu’elles auront re�u un mandat clair. C’est le plus grand progr�s accompli par le continent, qui lui donne un aspect tr�s diff�rent de celui qu’on lui connaissait il y a quinze � vingt ans.

Naturellement, ce continent fait face � d’immenses d�fis. Il est le th��tre de confrontations, d’oppositions. Le changement ne convient pas � tout le monde. Il y a des luttes. Certains veulent le changement, d’autres veulent conserver l’ancien syst�me. C’est pourquoi les partenaires doivent soutenir les institutions et les �nergies africaines orient�es vers le changement et la transformation du continent. Je le r�p�te, ce changement se fera sur la base de valeurs universelles, mais ancr�es dans la r�alit� africaine.

M. le PR�SIDENT – La parole est � M. H�fer.

M. H�FER (Allemagne) (r�sum�) demande quelle solution politique est envisag�e lors du septi�me cycle de n�gociation pour r�soudre la situation conflictuelle au Darfour.

M. le PR�SIDENT – La parole est � M. le Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine.

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine)� – Nous venons d’ouvrir le septi�me round des pourparlers de paix au Darfour. Force est de reconna�tre que cela n’a pas �t� facile. Une des principales difficult�s auxquelles nous avons �t� confront�s depuis le d�but des n�gociations �tait une crise au sein du mouvement rebelle le plus important, le SLAM (Soudanese Liberation Army Movement). De nombreux efforts ont �t� entrepris pour r�soudre la crise de leadership qui touchait ce mouvement, mais ils n’ont pas �t� totalement couronn�s de succ�s. Les pr�c�dents rounds avaient �t� consid�rablement g�n�s par ces difficult�s. Les diff�rends entre les mouvements rebelles provoquaient m�me des probl�mes de s�curit� sur le terrain.

Au terme du sixi�me round, � Abuja, il �tait convenu entre les partenaires de l’Union africaine que des efforts devaient �tre d�ploy�s pour rassembler la direction du SLAM. Une initiative a alors �t� prise par les Am�ricains, � Nairobi, soutenue par la communaut� internationale. Apr�s son �chec, les Am�ricains se sont rendus sur le terrain, au Darfour, avec le soutien de l’Union africaine et d’autres partenaires, pour rencontrer les leaders du SLAM, mais cette initiative n’a pas donn� non plus les r�sultats escompt�s. Ce n’est qu’au dernier moment, � la veille de la reprise des pourparlers, qu’� l’initiative du Tchad, soutenu par ses partenaires, en particulier l’Union africaine, les deux dirigeants du SLAM, Abdel Weuhid et Mini Minawi, sont parvenus � se mettre d’accord sur une plate-forme de n�gociations communes, � Abuja.

C’est sur cette base que les deux mouvements se sont rencontr�s � Abuja pour n�gocier sur les documents pr�sent�s. Nous avions d�j� adopt� une d�claration de principe lors du round pr�c�dent. En fait, au cours du sixi�me round, nous avions r�alis� quelques progr�s vers un accord sur le partage du pouvoir. Des discussions s’�taient engag�es sur le partage des ressources et les arrangements en mati�re de s�curit�. Elles vont maintenant se poursuivre. Nous avons bon espoir que le septi�me round soit d�cisif. C’est en tout cas l’engagement qui avait �t� pris par les parties soudanaises lors du sixi�me round. D�s lors, le groupe de m�diation de l’Union africaine et les partenaires pr�sents � Abuja mettront tout en oeuvre en vue de la conclusion d’un accord de paix.

Nous �voquions tout � l’heure les op�rations de maintien de la paix conduites dans le cadre de l’Union africaine. Il s’agit toutefois d’une organisation nouvelle qui n’a pas encore achev� la mise en place de son architecture. Elle n’a pas les moyens de sa politique. Il serait donc tr�s ambitieux de lui demander d’entreprendre des op�rations de la paix de longue dur�e en l’absence de garanties de ressources s�res et pr�visibles. Il est clair que l’Union africaine ne peut pas prendre en charge une op�ration de maintien de la paix de longue dur�e au Darfour. D’o� l’importance d’obtenir un accord de paix le plus t�t possible.

Soyez assur�s que M. le repr�sentant de l’Union africaine et ses partenaires sont d�termin�s � faire de ce round un round d�cisif. Toutefois, nous ne sommes pas na�fs. Si nous ne pouvions aboutir � la fin de cette ann�e ou au d�but de l’ann�e prochaine, nous pourrions organiser un ultime round pour conclure les discussions. Tant que l’accord n’aura pas �t� conclu, la situation sur le terrain restera incertaine. Mais l’Union africaine met tout en oeuvre, avec ses partenaires, pour renforcer le dispositif sur le terrain afin d’assumer son devoir dans les meilleures conditions possibles – pouvoir satisfaire � ses obligations, jouer son r�le de protection des civils et permettre aux agences humanitaires d’apporter l’assistance si n�cessaire aux personnes d�plac�es et aux populations civiles du Darfour.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � Mme Jipa.

Mme JIPA (Roumanie) – Croyez-vous que les missions permanentes des diverses organisations internationales constituent une alternative aux conflits qui ont lieu sur le continent africain ?

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine) – Je crois avoir abord� cette question dans ma pr�sentation. Les probl�mes africains ne trouveront de solutions qu’africaines. De ce point de vue, le continent africain a une vision claire�: l’Afrique doit assumer ses responsabilit�s pour la paix�; personne ne peut les assumer au nom des Africains. A ce titre, l’Afrique met en place des politiques et des institutions.

Dans le m�me temps, nous croyons en la solidarit� internationale, en l’unicit� des questions de paix et de s�curit�. En effet, paix et s�curit� sont indivisibles. On ne peut parler de paix en Afrique, en Asie, en Europe que dans un cadre unique. La paix est unique. Une r�gion ne peut �tre prosp�re et pacifi�e alors que d’autres ne le seraient pas. La responsabilit� et la solidarit� internationales existent, qu’incarnent d’ailleurs le Conseil de s�curit� des Nations unies et les Nations unies. C’est donc un partenariat qu’il faut d�velopper, une responsabilit� des Africains, � travers des politiques tr�s claires, des institutions � b�tir, une responsabilit� port�e par une volont� toujours plus fortement affich�e et dans le cadre d’un partenariat bien compris o� la communaut� internationale doit jouer son r�le.

J’aurais d� le souligner dans mon propos liminaire, je fais partie de ceux qui croient que le moment est venu de r�fl�chir et de revoir la probl�matique soulev�e au chapitre VIII de la Charte des Nations unies, qui donne un r�le de maintien de la paix aux r�gions. Mais pour leur permettre d’assumer ce r�le au nom de la communaut� internationale, encore faut-il leur en donner les moyens�: il ne suffit pas de dire aux Africains que les probl�mes africains doivent demeurer exclusivement du ressort des Africains, il ne faut pas se laver les mains des probl�mes de l’Afrique. Pour autant, il ne faut pas non plus que l’Afrique, cr�ant les probl�mes, consid�re qu’il revient aux autres de les r�gler. L’�quilibre reste � trouver � propos d’une architecture d�termin�e � r�gler ces probl�mes, � mettre en place des politiques, des structures et des institutions.

La communaut� internationale doit demeurer solidaire de l’Afrique dans le cadre d’un partenariat bien compris et d’une probl�matique de la paix et de la s�curit�, indivisibles.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Lloyd.

M. LLOYD (Royaume-Uni) (r�sum�) observe que la crise somalienne est tomb�e dans l’oubli. Quelle aide pratique l’Europe peut-elle apporter � l’Union africaine pour r�gler le probl�me�?

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. l’Ambassadeur.

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine) (r�sum�) se f�licite que soit pos�e cette question, qui rejoint celle du Rwanda, et reconna�t que l’Union africaine n’a pas assum� ses responsabilit�s, alors que ces deux pays attendaient beaucoup de la communaut� internationale. Au moment o� la Somalie en avait le plus besoin, force est de constater que les Nations unies se sont d�sint�ress�es du conflit qui frappait ce pays, obligeant les leaders africains � revoir leurs positions. Si l’Union africaine a bien essay� de rapprocher les diff�rentes ethnies du pays, en soutenant un gouvernement de transition, reste que la situation s’est consid�rablement d�t�rior�e. La communaut� internationale ne doit pas oublier la Somalie, et l’Union africaine va prochainement lancer une initiative avec ses partenaires pour dresser un bilan de la situation et r�gler les probl�mes. Trouver une solution � la question somalienne permettrait de stabiliser l’ensemble d’une r�gion touch�e par de nombreux conflits.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � Mme Petrescu.

Mme PETRESCU (Roumanie) – Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union europ�enne vont adopter la Strat�gie de l’Union europ�enne pour l’Afrique lors du Sommet qui doit se tenir les 15 et 16 d�cembre prochains. Ce rapport pr�sente la contribution de l’Assembl�e en mati�re de politique et de s�curit�. L’Union europ�enne �voque un partenariat strat�gique avec l’Afrique. Cette derni�re m�ne-t-elle �galement une strat�gique �conomique, une strat�gie pour l’�ducation et de soutien � la formation des sp�cialistes�?

Hier soir, la t�l�vision a diffus� un reportage tr�s int�ressant sur les pays d’Afrique et leurs partenaires dans le domaine �conomique. On a beaucoup parl� d’une nouvelle orientation de l’Afrique�: elle se tourne vers la Chine et le Japon pour ses investissements, vers le Canada et les Etats-Unis pour la formation. Que fait l’Union europ�enne pour s’adapter � cette nouvelle orientation�?

M. le PR�SIDENT – La parole est � M. l’Ambassadeur.

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine) – Je r�pondrai au nom de l’Union africaine�; je suis en effet mal plac� pour r�pondre � la place de l’Union europ�enne !

Nous nous f�licitons, Madame, que dans le cadre du renforcement de ce partenariat important, strat�gique, que nous voulons d�velopper avec l’Union europ�enne, celle-ci soit en train d’adopter une strat�gie pour l’Afrique portant sur tous les domaines d’int�r�t commun, notamment les notions de paix, de s�curit�, de gouvernance, d’infrastructures et d’int�gration. Elle porte sur tous les aspects de la coop�ration et des partenariats.

Ainsi que vous l’avez justement soulign�, Madame, il existe d’autres partenariats�: les Etats-Unis, la Chine, le Japon, un jour les pays arabes. Dans le cadre de la coop�ration franco-arabe, un partenariat est nou�.

Compte tenu de son statut en termes de sous-d�veloppement et de pauvret�, l’Afrique m�rite de s’ouvrir � tous les partenariats, y compris avec les pays arabes voisins, l’Am�rique, la Chine, le Japon. Nous nous sommes mis d’accord pour caract�riser la relation avec l’Union europ�enne comme un partenariat strat�gique. Mais, � ce partenariat strat�gique, il faut donner un contenu. Le plus important restera la mise en oeuvre de ces strat�gies et se posera alors in�vitablement le probl�me des ressources et des instruments, notamment financiers. Nous pensons que l’Union europ�enne a les moyens de cette strat�gie et la capacit� � mettre en oeuvre les instruments financiers pour que l’Europe regarde l’Afrique dans sa totalit�. Je sais que votre programme porte sur la question du maintien de la paix en Afrique sub-saharienne, mais je dois pr�ciser qu’au niveau de l’Union africaine, nous pr�f�rons parler de l’Afrique du Nord au Sud et de l’Est � l’Ouest, car les probl�mes sont les m�mes pour le continent. Nous disposons d�j� des instruments de Cotonou, des instruments m�diterran�ens et sud-africains et c’est la premi�re fois que l’Europe consid�re l’Afrique dans sa globalit� et que l’Afrique regarde l’Europe dans son int�gralit�. Comme vous le savez, nombre de pays africains entretiennent des rapports bilat�raux soutenus avec les pays europ�ens. Ce partenariat est donc n�cessairement strat�gique. Il est �videmment inutile d’insister sur le fait que l’Europe et l’Afrique sont li�es par des relations anciennes, politiques, g�ographiques, culturelles, civilisationnelles qui sont autant d’atouts pour renforcer et donner du contenu � un partenariat strat�gique mais, encore une fois, nous mettons l’accent sur le fait qu’il doit �tre soutenu par des instruments, notamment financiers.

M. le PR�SIDENT – La parole est � M. Weldegiorgis, repr�sentant l’Erythr�e.

M. WELDEGIORGIS (Observateur de l’Erythr�e) (r�sum�) estime que l’Union africaine est appel�e � jouer un r�le important dans le maintien de la paix : il serait donc utile que l’Union europ�enne renforce ses liens avec elle, notamment pour trouver une solution politique � la plus vieille guerre africaine, celle qui touche le Soudan.

Sa question portera cependant sur le conflit qui oppose l’Ethiopie � l’Erythr�e. Une solution est bien sur la table, mais l’Ethiopie s’y oppose. Surtout, l’Erythr�e n’a aucun repr�sentant au sein de l’Union africaine, et celle-ci n’a rien fait pour obliger l’Ethiopie � accepter sa repr�sentation. Pourquoi l’Union africaine reste-t-elle silencieuse ?

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. l’Ambassadeur.

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine) (r�sum�) indique que les discussions d’Aboudja tendent � replacer la question du Darfour dans l’ensemble plus complet du probl�me soudanais. La lenteur des n�gociations risque cependant de bloquer le processus de paix. Une commission d’�valuation a �t� cr��e pour suivre le processus, qui comprend des membres du gouvernement soudanais, mais aussi des repr�sentants de la soci�t� civile. La promotion de la paix au Soudan, l’orateur s’en dit convaincu, aurait un effet pacificateur dans toute la r�gion, pour l’Angola et la R�publique d�mocratique du Congo qui, avec le Soudan, sont trois g�ants en plein coeur de l’Afrique.

Quant au r�glement du conflit entre l’Erythr�e et l’Ethiopie, il constitue un d�fi de premier ordre. Dans cette affaire, l’Union africaine est certes un spectateur, comme l’Union europ�enne, mais cela ne l’emp�che pas de travailler avec les autres organisations internationales sur ce dossier.

La Commission pour la paix et la s�curit� de l’Union africaine a r�cemment rencontr� un envoy� des Etats-Unis pour trouver le moyen de surmonter les tensions entre l’Ethiopie et l’Erythr�e � propos du trac� des fronti�res. L’Union africaine fait de son mieux pour sortir de la crise, mais elle n’a que deux ou trois ans d’existence, avec un mandat tr�s clair mais peu de moyens et d’exp�rience�; elle ne peut r�soudre tous les probl�mes qui se posent en m�me temps et doit d’abord renforcer ses capacit�s. Il est n�cessaire de lui donner les moyens de renforcer ses capacit�s.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Clerides.

M. CLERIDES (Chypre) (r�sum�) explique que pour le citoyen europ�en lambda, les th�mes associ�s � l’Afrique sont le plus souvent la guerre, la pauvret� mais aussi l’assistance financi�re dont le continent a besoin et de l�, la corruption. Il est important pour les parlementaires de surveiller l’usage fait de chaque centime octroy� � l’Afrique, quel qu’en soit le mode. Il faut s’assurer que des mesures concr�tes soient prises afin de lutter contre ce fl�au.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. l’Ambassadeur Djinnit.

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine) (r�sum�) reconna�t que tout ne peut �tre justifi� par le manque de capacit�, et que la corruption est un sujet tr�s grave, r�cemment abord� par l’Union africaine, laquelle a, d’ailleurs, adopt� une convention pour pr�venir et lutter contre la corruption. Une surveillance particuli�re doit �tre op�r�e sur l’aide financi�re europ�enne, � la fois aupr�s des �missaires et aupr�s des r�cipiendaires. Un certain nombre d’ONG nationales luttent �galement contre ce fl�au et il est n�cessaire d’encourager cette prise de conscience des soci�t�s civiles. L’orateur assure que l’Union africaine a pris conscience de l’extr�me gravit� de ce probl�me et de la fermet� n�cessaire � son traitement. Cette lutte n’en est qu’� ses d�buts.

M. le PR�SIDENT – Je vous remercie, M. le Commissaire, au nom de nos coll�gues, d’avoir apport� des r�ponses claires � des questions parfois complexes.

5. Le maintien de la paix en Afrique sub-saharienne�:
une approche concr�te (suite)

M. le PR�SIDENT (r�sum�) annonce que neuf orateurs sont inscrits dans la discussion g�n�rale. Il invitera ensuite l’Ambassadeur � faire quelques commentaires. Compte tenu de l’ordre du jour charg�, il demande aux intervenants de limiter leur temps de parole � quatre minutes.

La parole � M. Ahmed.

M. AHMED (Soudan) (r�sum�) fait observer que le rapport ne tient pas compte d’�volutions r�centes de la situation, et en particulier de l’attitude du gouvernement soudanais, laquelle n’est pas exactement celle que d�crit le rapport. En outre les paragraphes 10 et 11 du projet de recommandation lui semblent contradictoires. Il estime, en revanche, qu’il est essentiel d’accro�tre les responsabilit�s de la police du gouvernement d’union nationale et, surtout, de ne pas d�courager les efforts engag�s par ce dernier.

Le nouveau Vice-Pr�sident du Soudan a visit� l’Erythr�e et a annonc� la prochaine ouverture de la fronti�re, ce qui constitue un point positif pour le sud-est du Soudan, tout comme l’accord sur le partage des puits de p�trole. Ce dernier constitue la pierre angulaire des accords de paix. Aussi ne peut-on �crire dans le rapport que le Soudan oriental n’a pas sa part de p�trole.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Lintner.

M. LINTNER (Allemagne) (r�sum�) affirme qu’il existe une prise de conscience que les pays d’Afrique sub-saharienne m�ritent une aide plus compl�te mais peut-�tre plus surveill�e. La paix, la s�curit� et la bonne gouvernance sont des conditions r�ciproques et tout ce qui les renforce doit �tre soutenu. Les Etats africains doivent assumer une responsabilit� plus grande dans leur d�veloppement et leur s�curit�. Mais il est aussi n�cessaire d’instaurer des partenariats v�ritables ainsi qu’une v�rification des comptes communs avec les partenaires africains. A cet �gard, la participation de la Commission ex�cutive � la gestion des fonds est une excellente chose.

On constate, dans de nombreux pays africains, une perte de l’autorit� de l’Etat, ce qui ne fait qu’augmenter la corruption et affaiblir la d�mocratie. Aussi M.�Lintner et son Groupe soutiennent-ils les recommandations du rapport qui devraient contribuer � en limiter les cons�quences.

(M. Vera Jardim, Vice-Pr�sident de l’Assembl�e, prend place au fauteuil pr�sidentiel).

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Mendes Bota.

M. MENDES BOTA (Portugal) (r�sum�) rappelle que l’Afrique est le seul continent ayant recul� ces derni�res ann�es, en d�pit de l’aide des pays les plus riches. Il a fallu une augmentation importante de l’immigration et les drames qui l’ont accompagn�e pour que l’Europe se rende compte de ce d�sastre.

Il souligne qu’il aura fallu que les Etats-Unis se lancent dans leur croisade contre le terrorisme pour que l’Europe mesure que l’Afrique pouvait �tre un terreau pour des organisations terroristes et pour que la Commission �labore le pacte euro-africain. Il faudrait aller plus loin et mettre en oeuvre un certain nombre des propositions faites en 2004 par la Commission pour l’Afrique, par exemple en saisissant les avoirs des dictateurs qui se sont enrichis par la vente du p�trole et des diamants, ce qui a aussi eu pour effet d’accro�tre la dette de leurs pays. Certes, un all�gement de la dette a �t� d�cid� pour les pays les plus pauvres mais il ne concerne que 18 des 70 Etats africains. Par ailleurs, il faut �tre conscient que 90�% des aides finissent par �tre r�cup�r�s par des pays donateurs toujours pr�ts � vendre plus de services � leurs d�biteurs.

Si la lib�ralisation et la privatisation exig�es par les donateurs peuvent appara�tre comme des conditions pr�alables au d�veloppement et � la croissance �conomique, on a vu aussi quels pouvaient �tre les effets d�vastateurs de la mondialisation sur l’emploi�: il ne faudrait pas que le m�dicament tue le patient.

La question de la conditionnalit� des aides doit aussi �tre pos�e. La non-ing�rence pourrait ainsi se transformer en une non-indiff�rence vis-�-vis des crimes contre l’humanit�. Surtout, il faut impliquer les pays africains dans la r�solution de leurs propres conflits et dans les op�rations de maintien de la paix.

Le projet de recommandation doit �tre soutenu car il comporte un certain nombre de propositions concr�tes et invite les gouvernements � soutenir la cr�ation du fonds euro-africain pour la paix et la s�curit�. (Applaudissements)

M. le PR�SIDENT – La parole est � M. A�ikg�z.

M. A�IKG�Z (Turquie) (r�sum�) souligne que la Turquie s’int�resse de pr�s � la r�solution des probl�mes en Afrique. Voil� des ann�es qu’elle tend la main aux pays africains et qu’elle d�veloppe ses relations �conomiques avec eux. Elle est tr�s active au sein des diff�rents organes des Nations unies, en particulier de la Commission sur la Namibie. Ses militaires et ses policiers participent aux op�rations de maintien de la paix et la mission de police de l’Union europ�enne � Kinshasa est un nouvel exemple de son engagement.

Elle appuie fortement les efforts de l’Union africaine et de l’ensemble des nations en faveur de la paix, de la prosp�rit� et du d�veloppement. La constitution de l’Union africaine est une �tape vers le regroupement des Etats du continent autour de certains principes comme le respect de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance. L’Union africaine illustre tout ce travail destin� � conduire l’Afrique sur une voie nouvelle afin de gommer son image d�sastreuse de continent de la mis�re, de la famine et des guerres.

La mission au Darfour est un test pour la communaut� internationale�; la Turquie attache beaucoup d’importance � sa r�ussite ; c’est pourquoi elle-m�me y contribue par l’interm�diaire de l’OTAN et d’une assistance directe au gouvernement soudanais. Un �chec serait dangereux non seulement pour ce pays mais pour l’ensemble du continent. Il faut esp�rer que l’Union africaine continuera � jouer un r�le essentiel dans le processus de r�conciliation nationale.

En avril dernier, la Turquie a obtenu le statut d’observateur aupr�s de l’Union africaine. Ses relations avec cette organisation ont �t� renforc�es par la visite du Pr�sident Konar� en Turquie il y a deux semaines ainsi que par un premier colloque africano-turc. Il faut esp�rer que la cr�ation d’un bureau � Addis-Abeba au moment de la visite sur place du Premier ministre turc aura des effets sur l’ensemble de la r�gion, que la Turquie pourra ainsi faire profiter de son exp�rience dans le d�veloppement �conomique et social. Elle soutient les pays africains dans leurs efforts pour rem�dier au ch�mage, aux �pid�mies, aux conflits ethniques et � la mis�re.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Vrettos.

M. VRETTOS (Gr�ce) (r�sum�) observe que si la paix est une condition pr�alable au d�veloppement, � l’inverse, ce dernier ne saurait � lui seul � emp�cher les guerres�: on ne peut oublier que c’est entre pays d�velopp�s qu’ont eu lieu les conflits qui ont d�vast� l’Europe au si�cle dernier.

L’Union africaine et les pays du continent ont remport� des premiers succ�s avec les missions de maintien de la paix. Malheureusement, ils ne disposent pas du soutien financier n�cessaire.

Par ailleurs, alors que le chemin du d�veloppement passe par la capacit� de ces pays � vendre leurs produits agricoles, l’Europe continue � gaspiller des milliards pour soutenir ses propres productions et refuse d’ouvrir ses march�s.

Il para�t �galement indispensable de modifier la circulation des flux financiers�: aujourd’hui, 1�% seulement des investissements mondiaux va � l’Afrique. Soutenir davantage ce continent est un imp�ratif moral. Or, les Etats-Unis subventionnent largement leurs producteurs de coton au d�triment de l’Afrique et il est choquant de constater qu’une vache europ�enne re�oit plus de subventions qu’un habitant d’Afrique.

Enfin, il convient de donner une meilleure visibilit� aux projets en faveur de l’Afrique et de mieux suivre leur mise en oeuvre. C’est des efforts conjoints de l’Europe et de l’Afrique que viendront les progr�s. (Applaudissements.)

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Gubert.

M. GUBERT (Italie) (r�sum�) se r�jouit que l’Union europ�enne ait enfin commenc� � r�pondre � la demande de paix des Etats africains et de l’Union africaine. Il apportera son soutien au projet de recommandation, qui appelle toutefois de sa part quelques remarques.

Tout d’abord, s’il est l�gitime de parler des liens historiques entre les pays d’Afrique et l’Europe, il faudrait commencer par rappeler la responsabilit� de cette derni�re dans un grand nombre des difficult�s actuelles, qui trouvent leur origine dans l’esclavage et dans la fixation des fronti�res par les autorit�s coloniales sans tenir compte de l’implantation des groupes tribaux. Un retour en arri�re semble difficile et l’espoir r�side plut�t dans un d�passement des fronti�res.

Il ne suffit plus d’insister sur le fait que les dirigeants politiques doivent �tre d�mocratiquement �lus, il faut mettre en avant le droit de chaque ethnie � se gouverner elle-m�me, par exemple en s’inspirant de la Charte sur l’autonomie locale du Conseil de l’Europe. Il serait aussi possible de mettre davantage l’accent sur le principe de subsidiarit�.

Il ne para�t pas, d’autre part, souhaitable de soutenir sans distinction toutes les exploitations agricoles�: les plus grandes sont contr�l�es par des groupes multinationaux et il faut donc concentrer les aides vers les exploitations les plus petites. De m�me, la libert� du commerce profite souvent aux plus forts et il convient de s’assurer syst�matiquement qu’elle b�n�ficie aux deux parties des accords.

Le d�veloppement ne doit pas signifier l’enrichissement exclusif de ceux qui sont au pouvoir, c’est pourquoi les projets doivent d’abord viser � renforcer la capacit� des populations � subvenir elles-m�mes � leurs besoins. L’Europe doit assumer sa responsabilit� historique dans ce domaine comme dans le financement des op�rations de maintien de la paix.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Clerides.

M. CLERIDES (Chypre) (r�sum�) rappelle que l’Union europ�enne doit justifier tout ce qu’elle fait devant les citoyens europ�ens, tout particuli�rement en cette p�riode de ch�mage et de crise budg�taire aigu�.

Elle est confront�e au probl�me de l’aide qui doit s’accompagner d’un contr�le budg�taire et de la lutte contre la corruption de la part des pays africains eux-m�mes. Dans l’avenir, elle devra mener une politique de pr�vention des possibles subdivisions de certaines zones comme en Somalie, au Soudan, en C�te d’Ivoire, etc. L’orateur souligne enfin qu’il faut acc�l�rer et amplifier le dialogue avec les parlementaires africains.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Lloyd.

M. LLOYD (Royaume-Uni) (r�sum�) d�clare que la connotation toujours n�gative de l’Afrique est navrante et que le dialogue doit se d�rouler � diff�rents niveaux, en reconnaissant l’�norme diversit� culturelle de l’Afrique, qui apporte tous les jours une importante contribution au monde malgr� ses probl�mes de corruption ou de mauvaise gouvernance. L’Europe doit prendre conscience de ses responsabilit�s, comme, par exemple, en Sierra Leone o� les diamants d�rob�s par les rebelles pendant la guerre civile ont �t� �chang�s directement chez les diamantaires europ�ens.

L’orateur souligne la n�cessit� d’un r��quilibrage des richesses entre l’Afrique et l’Europe. L’Afrique doit �tre l’auteur des solutions aux probl�mes africains mais l’Europe doit �tre un partenaire correct malgr� la modestie de son aide �conomique.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M.Weldegiorgis, repr�sentant l’Erythr�e.

M.WELDEGIORGIS (Observateur de l’Erythr�e) (r�sum�) rappelle le lien entre les conflits et la pauvret�, les pays les plus touch�s appartenant au groupe des pays les plus pauvres. Les �volutions r�centes vont dans le sens d’une reconnaissance par l’Afrique de ses responsabilit�s et le partenariat strat�gique entre l’Union europ�enne et l’Union africaine renforce les contributions africaines � la pr�vention, l’�tablissement de la paix et la reconstruction apr�s les conflits.

L’orateur met en avant les limites et les oublis du rapport, notamment sur la question du Darfour, sur la Somalie dont le processus de r�conciliation m�rite l’attention de l’Europe et sur le conflit en Ethiopie, cas exemplaire d’un succ�s qui risque, avec les tensions actuelles, de tourner mal. Il faut obliger l’Ethiopie � respecter les clauses du trait� de paix.

M. le PR�SIDENT – La parole est M. Djinnit.

M. DJINNIT (Commissaire pour la paix et la s�curit� de la Commission de l’Union africaine)– Je suis tr�s encourag� par le rapport et par l’enthousiasme manifest� par notre ami lors de notre rencontre. Je le suis autant par les interventions des orateurs qui ont tous manifest� un soutien accru � l’�gard de l’Afrique et au resserrement des relations entre l’Union africaine, l’Afrique et l’Europe.

Il y a beaucoup � dire sur l’Afrique. Certains ont �voqu� les probl�mes du continent. D’autres, comme le repr�sentant de la Grande-Bretagne, en ont soulign� les �volutions positives. C’est sur celles-ci qu’il convient de mettre l’accent, car les probl�mes du continent sont, h�las, connus.

Les objectifs du continent sont clairs�: le d�veloppement, l’int�gration, le r�glement des conflits et la r�duction de la pauvret�. Le chemin � suivre est celui de la gouvernance. Les obstacles � la paix et � la s�curit� doivent �tre surmont�s. Pour ce faire, l’Afrique doit assumer ses responsabilit�s, et ses partenaires doivent la soutenir tr�s fortement.

Vous avez �voqu� les probl�mes particuliers de l’Afrique subsaharienne. M. le Pr�sident, je vous encourage, dans vos d�lib�rations, � parler de l’Afrique dans son ensemble. Comme j’ai coutume de le dire en anglais, il convient de parler de ��Africa as one��. Il est tr�s important de pr�senter l’Afrique comme une entit� par rapport � l’Europe qui est �galement une.

L’unit� et l’int�gration sont l’objectif du continent, mais elles ne peuvent �tre impos�es. L’unit� doit �tre r�alis�e sur la base de valeurs partag�es, des valeurs universelles mais ancr�es dans la r�alit� africaine.

Je me f�licite de tout ce qui a �t� dit. Avec des approches certes diff�rentes, les intervenants ont mis le doigt sur les vrais probl�mes qui bloquent le d�veloppement du continent. Ils ont �voqu� l’aide au d�veloppement, le commerce, la n�cessit� d’avoir un commerce juste pour l’Afrique. Or, aujourd’hui, les relations commerciales ne sont pas favorables au d�veloppement du continent.

Certains ont parl� du probl�me fondamental de la dette africaine. L’Afrique ne saurait s’en sortir sans un r�glement de ce probl�me. Elle s’est prononc�e tr�s clairement pour l’annulation de la dette. Je sais que c’est un grand d�bat, mais il est indispensable de l’organiser.

M. le Pr�sident, je suis tr�s heureux d’avoir assist� � ce d�bat. Je vous quitte encourag� par ce que j’ai entendu. Nous avons une responsabilit� partag�e. L’Afrique a sa responsabilit�, mais la communaut� internationale, notamment l’Europe, a aussi la sienne. (Applaudissements.)

M. le PR�SIDENT – M. le Commissaire, au nom de tous mes coll�gues, je vous remercie de nouveau pour votre pr�sence et pour votre contribution, fort appr�ci�e, au d�bat.

La parole est � M. le rapporteur de la Commission politique.

M. GOERENS (Luxembourg) – Je tiens � mon tour � remercier tous les intervenants, tant�t critiques, tant�t approbateurs.

Je commenterai d’abord les remarques les plus critiques, dont celles formul�es par le repr�sentant du Soudan, dont je respecte, bien entendu, la libert� d’action et l’esprit critique avec lequel il aborde le rapport. Je dirai en toute franchise que l’expos� des motifs des rapports pr�sent�s � l’Assembl�e reste la propri�t� intellectuelle du rapporteur. Bien entendu, je me suis inspir� des constats qui ont �t� faits et qui ont d’ailleurs �t� relat�s par la presse internationale. J’essaie de privil�gier la v�rit� aux d�pens de l’accusation unilat�rale. L’Assembl�e ne semble d’ailleurs pas me contredire sur ce point.

Loin de moi l’id�e de vouloir juger qui que ce soit. J’aimerais simplement qu’on relise tout le texte et qu’on le juge sur la totalit� de l’expos� des motifs plut�t que d’en extraire un point�: j’ai voulu comprendre avant de juger. Je me suis fond� sur les r�sultats de la commission d’enqu�te internationale relative aux violations des droits de l’homme dans votre pays et sur le travail fait par le procureur de la Cour p�nale internationale. Si je veux donner une chance � la v�rit�, je ne peux pas ne pas mentionner que des responsables de l’Etat soudanais figurent aussi sur cette liste.

Qu’il s’agisse du Soudan, de mon pays ou de n’importe quel pays au monde, l’Etat a pour responsabilit� premi�re d’organiser et de garantir la s�curit� des citoyens. C’est la raison d’�tre de l’Etat. Vous lirez aussi, au travers des r�flexions d�velopp�es dans ce rapport, qu’il importe de faire en sorte que l’Etat en soit capable. Nous attachons � ce probl�me la plus grande importance.

L’id�al serait de pouvoir nous retirer de tous ces dossiers et de voir l’Afrique �voluer dans la s�r�nit� et la paix. Tel n’est malheureusement pas encore le cas. En effet, la plupart des conflits apparus depuis la Seconde guerre mondiale sont apparus en Afrique. Malheureusement, de plus en plus de civils sont victimes de conflits que je qualifierai parfois de crapuleux, et je p�se mes mots. On ne peut accepter que 90�% des victimes d’un conflit soient des victimes expos�es sans d�fense � l’irresponsabilit� de certains. C’est la raison pour laquelle cela reste de notre ressort et nous avons un mot � dire � ce propos. Je voudrais que les remarques et recommandations que j’ai �mises soient comprises en ce sens.

Une r�ponse maintenant � mon coll�gue qui s’est exprim� sur le pr�ambule de la recommandation, sur les tout premiers alin�as, en m’invitant � faire r�f�rence � la responsabilit� europ�enne. On ne peut tout faire. Les choses �tant ce qu’elles sont, l’Europe fait face � ses propres responsabilit�s, ce qu’elle fait assez bien : elle a tir� les le�ons de son histoire, elle n’a pas de le�ons � donner � l’Afrique.

En revanche, nous avons des enseignements � partager. En disant cela, je rejoins les propos de M. Djinnit sur l’architecture institutionnelle dont l’Afrique est en train de se doter. Nous pouvons vous pr�senter un mod�le qui a ses forces et ses faiblesses. Il a permis � l’Europe de transcender une situation qui n’a gu�re encore pr�sent� de dangers d’entre-d�chirements pour nos nations. Nous avons assez bien r�ussi � surmonter nos diff�rences. D’o� l’id�e de s’inspirer de ce mod�le que nous appelons de nos voeux. Nous ne pouvons que nous f�liciter de la disponibilit� des Africains � partager cette voie avec nous.

Le grand d�fi reste la coh�rence des politiques. Nous n’avons pu aborder tous les probl�mes dans le cadre du rapport. N�anmoins – et faites-moi confiance, la diversit� de mes activit�s politiques m’oblige � en �tre conscient – le meilleur document qui retrace la probl�matique est ��Responsability to protect��, qui proc�de � la distinction entre causes sous-jacentes et causes directes des conflits. Il invite l’ensemble des acteurs responsables de par le monde � privil�gier la pr�vention des causes sous-jacentes, des causes profondes des conflits. C’est ce � quoi nous devons nous atteler.

La prochaine occasion qui nous sera donn�e de manifester notre volont� d’�tre coh�rent dans nos politiques sera le rendez-vous de Hong Kong, au cours duquel nous aborderons les questions de commerce. D’autres rendez-vous sont pris. Il sied bien � l’Europe de pers�v�rer sur cette voie.

M. Djinnit, notre ambition est d’�tre � vos c�t�s. C’est � vous de prendre les d�cisions, de nous dire quelles solutions, quelles d�marches vous souhaitez privil�gier. C’est � nous de vous aider l� o� vous r�clamez notre aide, qui se traduit par le partage de nos convictions, de notre exp�rience, de notre expertise. Tant que vous la r�clamerez, nous serons pr�ts � vous l’offrir et � encourager nos ex�cutifs � faire front commun avec vous.

Nous sommes aussi avec vous pour vous aider financi�rement. Le coeur m�me de la recommandation vise pr�cis�ment � asseoir le financement des op�rations de maintien de la paix dans la dur�e. Nous vous avons donn� l� un signal tr�s fort et je suis certain que le rapport recueillera une large majorit�.

Le grand probl�me reste celui de la coh�rence des politiques. Permettez-moi de me ranger parmi ceux qui consid�rent que l’Afrique n’est pas seulement un continent � probl�mes et, qu’� c�t� des ombres, percent des lueurs. Le r�cent sommet Afrique-France, bien que fortement critiqu�, a toutefois d�gag� une solution sur la nomination du Premier ministre en C�te d’Ivoire, ce qui est tr�s encourageant pour la m�diation africaine conduite notamment par M. M’Beki. C’est un point � mettre � l’actif des Africains. Encore une fois, en tant qu’Europ�ens, nous n’avons pas de le�ons � leur donner. Combien de fois n’avons-nous pas abord� la question du ch�mage lors du Conseil europ�en ? Le probl�me n’en a pas �t� r�solu pour autant. Avan�ons donc en toute humilit�, en ayant le courage de reconna�tre les points positifs. L’Afrique est sur la bonne voie, elle se responsabilise davantage. Le ��ownership��, le partenariat et le sympathique concours de l’Union europ�enne peuvent nous faire avancer.

Merci infiniment � l’ensemble des orateurs et � M. Djinnit qui a fait preuve d’un talent exceptionnel. Il m�rite bien de l’Afrique.

M. Djinnit, je vous invite � transmettre nos meilleures salutation � M.�Konar�, un partenaire lui aussi de qualit� exceptionnelle sur la voie pour la paix et la s�curit�. (Applaudissements.)

M. le PR�SIDENT – M. le rapporteur, je vous remercie.

La parole est � M. Agramunt Font de Mora, pr�sident de la Commission politique.

M. AGRAMUNT FONT de MORA (Espagne) (r�sum�) s’associe aux f�licitations.

M. le PR�SIDENT – La discussion g�n�rale est close.

Mes chers coll�gues, je vous propose le vote et le d�bat des amendements � la fin de la s�ance de ce matin.

(M. Goris, Pr�sident de l’Assembl�e, reprend place au fauteuil pr�sidentiel.)

6. D�claration de Mme Sliska, Premi�re Vice-Pr�sidente de la Douma,
pr�sidente de la d�l�gation russe

M. le PR�SIDENT (r�sum�) accueille Mme�Sliska et se dit impatient d’entendre son intervention, tant elle est connue pour s’attaquer directement aux probl�mes, sans se d�rober. Il esp�re que le d�bat sera anim�.

Mme SLISKA (Premi�re Vice-Pr�sidente de la Douma, pr�sidente de la d�l�gation russe) (Traduction) – Monsieur le Pr�sident, Mesdames et Messieurs les membres de l'Assembl�e, c'est la premi�re fois que je participe aux travaux de l'Assembl�e de l'Union de l'Europe occidentale. Je connais cependant certains membres pour avoir pris part aux travaux de l'Assembl�e parlementaire de l'OTAN, o� je pr�side la d�l�gation de la Douma d'Etat.

Je consid�re comme importante et utile cette participation de mes coll�gues des deux assembl�es du parlement russe, d�put�s de la Douma d'Etat et membres du Conseil de la F�d�ration, qui se poursuit depuis une dizaine d'ann�es sur une base permanente. Pendant cette p�riode, il y a eu, dans le cadre de notre coop�ration, des discussions communes r�ussies sur les probl�mes internationaux les plus urgents, et des visites de travail en Russie des membres de l'Assembl�e de l'UEO.

Nous sommes en principe satisfaits du travail des parlementaires russes dans le cadre de l'interaction avec l'Assembl�e de l'UEO, y compris au sein des commissions concern�es. Les parlementaires participent aujourd'hui � la discussion de nombreux sujets, pratiquement inaccessibles auparavant, et relatifs non seulement aux probl�mes g�n�raux de s�curit� mais aussi aux questions pr�cises ayant trait aux int�r�ts nationaux de la Russie et des pays europ�ens. Signalons, notamment, la probl�matique portant sur l'�largissement de l'OTAN et de l'Union europ�enne, ainsi que sur les pr�occupations de la Russie y aff�rentes : transit de Kaliningrad, non-prolif�ration d'armes de destruction massive, s�curit� nucl�aire et �nerg�tique.

J'estime que nos visions du monde, qui se construit sur la base de renforcement du r�le de l'ONU, sur le respect de la diversit� de la communaut� internationale, sur le r�glement des conflits avec des moyens non violents, sur la lutte contre le terrorisme dans toutes ses manifestations, doivent �tre identiques.

Nous ne comprenons cependant pas la s�curit� dans un sens militaire �troit, mais plut�t comme le r�sultat d'un certain nombre de conditions qui permettent la croissance �conomique des Etats, la stabilit� de leur politique int�rieure, l'acc�s aux march�s, aux technologies et aux investissements. Les objectifs de la Russie sur la sc�ne internationale sont tout � fait clairs. C'est avant tout la s�curit� des fronti�res, ainsi que la cr�ation des conditions ext�rieures favorables � la vie des citoyens russes et � la r�solution des probl�mes internes du pays.

Le soixanti�me anniversaire de la fin de la Deuxi�me guerre mondiale, c�l�br� par les peuples du continent, a pouss� � se rendre compte que le processus de constitution et de cons�cration des relations de partenariat et de coop�ration dans des conditions nouvelles, celles de l'�largissement de l'Union europ�enne et de l'OTAN, ne se d�roule pas spontan�ment. Il n�cessite de la part des hommes politiques, en premier lieu beaucoup d'efforts et la disponibilit� pour entendre et �couter leurs voisins de la maison europ�enne, et tenir compte des int�r�ts mutuels.

Pour notre pays, l'�largissement � l'Est de l'UE et de l'OTAN, une certaine dialectique de partenariat et de concurrence par rapport � la composante militaro-politique de l'UE sont des facteurs de politique ext�rieure sensibles. De simples gens se posent en Russie des questions tout � fait judicieuses, � savoir si la politique europ�enne de s�curit� et de d�fense ne constitue pas un d�fi pour la Russie et quels sont les axes de d�veloppement de la dimension militaire de l'int�gration europ�enne. Ceci est d� au fait que l'on passe outre � nos multiples propositions de mettre en train une coop�ration en mati�re militaire et de faire appel � la Russie en vue de pr�parer et de r�aliser des op�rations de maintien de la paix, ce qui ne peut que pr�occuper nos �lecteurs.

La Russie soutient d'une fa�on active le cap mis sur une coop�ration positive avec ses voisins europ�ens. Je suis s�re qu’un certain nombre de probl�mes de s�curit� peut et doit �tre r�solu aujourd'hui conjointement avec l'Union europ�enne. Il s'agit avant tout de la lutte contre le terrorisme, d'une efficacit� accrue du maintien de la paix dans des situations de crise, de conflits interethniques ou religieux, ainsi que d'une lutte commune contre la criminalit� transfronti�re, contre le traffic de drogues et la traite des �tres humains. Pour r�soudre les probl�mes globaux, nous sommes pr�ts � un partenariat efficace avec tous les pays. L'�ventail des probl�mes est large : de la n�cessit� de rechercher une r�ponse efficace � la d�gradation de l'environnement jusqu'� l'exploration de l'espace cosmique, de la pr�vention des catastrophes globales technog�nes jusqu'� l'�limination de la menace de la propagation du SIDA.

Chers coll�gues, le processus de globalisation a, d'une part, engendr� des conditions sans pr�c�dent favorables � l'�volution de la civilisation, tout en consolidant une interd�pendance positive et, d'autre part, consid�rablement aggrav� les � vieux � probl�mes tout en provoquant de nouveaux d�fis et menaces sur le continent europ�en. A cet �gard, deux groupes d'objectifs sont devenus actuels pour les Europ�ens : d�veloppement int�gr� de l'Europe sans lignes de d�marcation et riposte aux menaces et aux risques de la � nouvelle � g�n�ration.

Nous partageons, quant � nous, les pr�occupations de nos partenaires europ�ens exprim�es dans des textes sur les strat�gies en mati�re de s�curit� et de non-prolif�ration d'armes de destruction massive qui viennent d'�tre adopt�s par l'Union europ�enne et qui font valoir le caract�re indivisible de la s�curit�, ce qui rend n�cessaire notre �troite coop�ration en vue de faire face aux d�fis et menaces qui p�sent de plus en plus sur notre continent.

Le monde dans lequel nous vivons ne devient malheureusement pas moins dangereux, les �v�nements tragiques survenus ces derni�res ann�es � New York, � Madrid, Beslane et � Moscou en �tant un t�moignage �clatant. Une vague incessante d'actes terroristes est une preuve d'une interaction internationale peu efficace dans la lutte contre le terrorisme. Or, le terrorisme profite des faiblesses du front antiterroriste dues notamment aux approches non concert�es des acteurs de la coalition internationale. C'est pourquoi la Russie se montre r�solue � faire reconna�tre � ses partenaires europ�ens la n�cessit� d'appliquer des normes homog�nes dans la lutte contre le terrorisme. Notre coop�ration doit viser � r�v�ler et � briser les r�seaux de financement du terrorisme, d'approvisionnement des organisations terroristes en armes, munitions et hommes, � prendre des mesures rigoureuses � l'encontre des organisations, fonds et personnes impliqu�s dans le soutien du terrorisme.

Les contradictions politiques existantes dites � conflits gel�s �, ainsi que des �l�ments d'ins�curit� dans l'espace europ�en face � l'aggravation du facteur militaire dans la politique internationale, rendent n�cessaire de reprendre les principes de base de nos relations en mati�re de s�curit� que sont le contr�le des armements et les mesures de renforcement de la confiance et de la s�curit�. Nous nous pronon�ons pour des efforts conjoints de la Russie, de l'Union europ�enne et de l'OTAN pour la r�solution des probl�mes g�n�raux de s�curit�. Ce serait conforme aux int�r�ts d'une architecture nouvelle et plus s�re de la stabilit� internationale et europ�enne.

Cependant nous ne pouvons ne pas �tre pr�occup�s d'une certaine stagnation constat�e dans l'aspect militaro-politique de la coop�ration europ�enne. L'Accord sur l'adaptation du Trait� sur les forces arm�es conventionnelles en Europe (FCE) sign� en 1999 n'est toujours pas mis en vigueur sous des pr�textes tir�s par les cheveux, bien que ce soit un accord cl� pour la stabilit� et la s�curit�. La Russie, elle, a d�j� fait sa partie du chemin. Nous avons ratifi� ledit trait� adapt� et nous nous attendons � des r�ponses de la part de nos partenaires, d'autant plus que, compte tenu des arrangements avec la G�orgie relatifs aux bases russes, les engagements dits � d'Istamboul � sur lesquels insistent les Etats membres de l'OTAN deviennent anachroniques.

Nous sommes persuad�s qu'une coop�ration plus �troite entre la Russie et l'Union europ�enne pourrait contribuer � r�soudre des probl�mes urgents du continent europ�en et des probl�mes internationaux venus � maturit�. A cet �gard, nous attachons de l'importance � une interaction approfondie sur un pied d'�galit�, au respect des � feuilles de route � adopt�es � Moscou le 10 mai dernier lors du sommet Russie-Union europ�enne et portant sur l'espace de s�ret� ext�rieure et de libert�, sur la s�curit� et la justice. Ces documents ont pour vocation de consacrer une dynamique positive de notre interaction, de servir de base � la coop�ration ult�rieure Russie-Union europ�enne et de lui conf�rer un caract�re plus coh�rent et mieux structur�.

La partie russe a l'intention de pr�ter une attention particuli�re, dans le cadre de notre interaction, au maintien de la stabilit� internationale, y compris dans des r�gions avoisinant les fronti�res de la Russie et de l'Union europ�enne. Nous comprenons que c'est seulement � travers une interaction de politique ext�rieure bien mise au point avec l'UE que nous pourrons �viter des affrontements dans l'espace postsovi�tique, o� de nombreux pays choisissent d�j� le rapprochement avec l'Union europ�enne � titre de leur orientation majeure de politique ext�rieure.

Nous nous opposerons, par contre, � la focalisation de notre coop�ration seulement sur l'espace postsovi�tique. La situation dans certains pays et r�gions, par exemple, au Moyen-Orient, en Irak et en Afghanistan, fait peser une menace plus grande � la paix et � la stabilit� dans le monde que les conflits non r�gl�s de la Transcaucasie et de Pridnestrovi�.

Nous appr�cions hautement le r�le de l'Assembl�e de l'UEO dans la construction d'une Europe nouvelle. Je suis s�re que les parlementaires peuvent et doivent apporter leur contribution dans la lutte contre les nouvelles menaces � la s�curit� et dans la cons�cration d'un partenariat efficace avec tous les pays en vue de r�soudre les probl�mes globaux.

M. le PR�SIDENT – Je vous remercie, Madame, pour la clart� de votre expos�. Un certain nombre de coll�gues ont souhait� vous poser des questions et je vous remercie d’avoir accept� de leur r�pondre.

Je demande aux intervenants de bien vouloir limiter au maximum leur intervention.

La parole � Mme�Becerril.

Mme BECERRIL (Espagne) (r�sum�) appr�cie l’effort de coop�ration de la Russie. Rappelant que l’Union europ�enne d�fend ardemment la d�mocratie, elle souhaite savoir pourquoi, en d�pit des efforts d�ploy�s, la libert� de la presse en Russie n’est pas encore une r�alit�.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � Mme Sliska.

Mme SLISKA (Premi�re Vice-Pr�sidente de la Douma, pr�sidente de la d�l�gation russe) (r�sum�) affirme que les m�dias de Russie – que la d�l�gu�e espagnole n’a certainement pas lus ou regard�s – sont plus libres que ceux de l’Union europ�enne. Toutes les critiques envers le Pr�sident et le gouvernement y sont relay�es, et il n’est pas juste de dire que la libert� de presse n’existe pas. L’oratrice elle-m�me ne se prive pas d’exprimer des critiques au sein de la Douma. Elle ajoute que la Russie est en train de finaliser un accord avec la R�publique fran�aise portant sur la t�l�vision num�rique.

M. le PR�SIDENT – Je vous demande, mes chers coll�gues, d’�tre brefs dans vos questions et de les axer sur le sujet qui nous occupe, � savoir la s�curit� et la d�fense.

La parole � Mme Petrescu.

Mme PETRESCU (Roumanie) – Quelle est la politique de la Russie en ce qui concerne la mer Noire dans la nouvelle strat�gie de l’Union europ�enne ?

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � Mme Sliska.

Mme SLISKA (Premi�re Vice-Pr�sidente de la Douma, pr�sidente de la d�l�gation russe) (r�sum�) rappelle que la Russie a d�velopp� une importante coop�ration, assortie de consultations permanentes, avec diff�rentes institutions des pays riverains de la mer Noire, dans le but unique de faire de cette r�gion une zone s�curis�e.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � Mme Hoffmann.

Mme HOFFMANN (Allemagne) (r�sum�) (commen�ant son intervention en russe pour la poursuivre en allemand) se demande pourquoi, au sein de l’Union europ�enne, l’image de la libert� de la presse en Russie est mauvaise. Cela est peut-�tre d� aux r�cents licenciements d’�minents journalistes telle Mme�Olga�Romanova. Elle souhaite �galement savoir si le conflit en Transnistrie sera r�solu, si les troupes russes vont quitter la G�orgie et o� en est la ��feuille de route�� pour le r�glement du conflit moldave.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � Mme Sliska.

Mme SLISKA (Premi�re Vice-Pr�sidente de la Douma, pr�sidente de la d�l�gation russe) (r�sum�) salue le travail et le courage de Mme Olga Romanova, mais souligne que cet exemple isol� n’est pas repr�sentatif de la situation de la libert� de la presse en Russie. Les discussions avec la Moldavie ont commenc�, mais le changement d’avis du Pr�sident Voronine � propos du m�morandum les a fait d�boucher sur une impasse. En revanche, conform�ment au calendrier, les troupes russes seront retir�es de G�orgie et d’Abkhazie en 2008. C’est le dernier endroit o� des troupes russes sont stationn�es.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Lloyd.

M. LLOYD (Royaume-Uni) (r�sum�) souhaite conna�tre le point de vue de la Russie sur les programmes nucl�aires iraniens, militaire et civil, et sur les efforts de n�gociation conjoints du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � Mme Sliska.

Mme SLISKA (Premi�re Vice-Pr�sidente de la Douma, pr�sidente de la d�l�gation russe) (r�sum�) r�pond que des consultations ont eu lieu et que des discussions sont en cours avec les autorit�s iraniennes afin d’apaiser les tensions. La Russie n’a pas encore eu recours � tous ses moyens diplomatiques. En outre, elle s’est �tonn�e des positions du nouveau gouvernement iranien � propos d’Isra�l, qui ont �t� re�ues avec gravit�. Il semble, d’ailleurs, que le nouveau Pr�sident iranien ait �t� quelque peu ��refroidi�� par les r�actions de la communaut� internationale.

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � M. Galazewski.

M. GALAZEWSKI (Pologne) (r�sum�) constate que les relations actuelles entre la Pologne et la Russie ne sont pas particuli�rement brillantes et d�plore que la Russie ait �tabli des relations �conomiques particuli�res avec l’Allemagne et la France, ce qui va � l’encontre de l’int�r�t de l’Union europ�enne tout enti�re. Il souhaite savoir si la Russie envisage d’�tablir des partenariats avec ses voisins et en particulier avec la Pologne : la Douma prendra-t-elle une initiative en ce sens ?

M. le PR�SIDENT (r�sum�) donne la parole � Mme Sliska.

Mme SLISKA (Premi�re Vice-Pr�sidente de la Douma, pr�sidente de la d�l�gation russe) (r�sum�) rappelle que la Russie pr�conise une coop�ration sur un pied d’�galit� avec ses voisins s’ils ne lui sont pas hostiles. Il s’agit donc de d�passer certains �v�nements r�cents, d’oublier les accusations r�ciproques et de reconstruire des relations de bon voisinage, en particulier avec la Pologne, sur la base d’une histoire commune.

M. le PR�SIDENT – Madame la Vice-Pr�sidente, je vous remercie de nouveau de votre pr�sence ici, avec la d�l�gation russe. Nous esp�rons que vous contribuerez aux travaux futurs de notre Assembl�e.

Mes chers coll�gues, la coop�ration avec la Douma russe est tr�s importante pour la s�curit� et la stabilit� en Europe. Vous avez soulign� que nous avons des int�r�ts communs dans le combat contre le terrorisme. Nous devons aussi nous battre ensemble contre la criminalit� transfrontali�re et pour r�soudre les conflits pr�tendument gel�s.

Comme l’a dit notre coll�gue polonais, il existe souvent des relations bilat�rales tendues, ce qui me conforte dans l’id�e d’intensifier les contacts et la coop�ration avec vous, Madame, et avec vos coll�gues de la Douma russe. Je crois beaucoup � la diplomatie parlementaire. Nous allons devoir travailler ensemble afin de trouver des solutions � tous les probl�mes que nous venons de mentionner.

7. Le maintien de la paix en Afrique sub-saharienne : une approche concr�te
(suite)

M. le PR�SIDENT – Mes chers coll�gues, il nous reste � nous prononcer sur le rapport sur le maintien de la paix en Afrique sub-saharienne.

La Commission politique a pr�sent� un projet de recommandation sur lequel deux amendements ont �t� d�pos�s. Ils peuvent faire l’objet d’une discussion commune.

L’amendement n� 1, d�pos� par M. Goerens, rapporteur, tend, apr�s le consid�rant (viii) du projet de recommandation, � ins�rer le nouveau consid�rant suivant�:

    ��Se f�licitant de la contribution apport�e par le Haut repr�sentant de l’UE � la Strat�gie de l’UE pour l’Afrique, dans laquelle il souligne le lien entre la s�curit� et le d�veloppement et fait valoir que ‘les mesures prises dans le domaine du commerce, des aides et de l’all�gement de la dette devront aller de pair avec le soutien � la paix et la s�curit�, ainsi qu’� la bonne gouvernance’��.

L’amendement n� 2 d�pos� par M. Goerens, rapporteur, tend, avant le consid�rant (ix) du projet de recommandation, � ajouter le nouveau consid�rant suivant :

    ��Se f�licitant �galement des premi�res conclusions tir�es par les ministres des affaires �trang�res de l’UE sur une Strat�gie de l’UE pour l’Afrique lors de leur r�union des 21 et 22 novembre � Bruxelles, et soulignant que ces conclusions doivent �tre renforc�es et affin�es en donnant suite aux propositions concr�tes formul�es dans ce rapport�;��

La parole est � M. Goerens.

M. GOERENS (Luxembourg) - Je n’�piloguerai pas longuement sur ces amendements qui ont �t� unanimement adopt�s en commission ce matin. Ils visent � faire en sorte que le rapport colle davantage � la r�alit�. Ils font r�f�rence � la d�claration de Javier Solana � la suite du document strat�gique pr�sent� par la commission.

Quel est l’avis de la commission ?

M. AGRAMUNT FONT de MORA (Espagne) (r�sum�) rappelle le vote des deux amendements � l’unanimit�.

M. le PR�SIDENT - Je mets aux voix l’amendement n� 1.

(Il est proc�d� � un vote � main lev�e.)

L’amendement est adopt� � l’unanimit�.

Je mets aux voix l’amendement n� 2.

(Il est proc�d� � un vote � main lev�e.)

L’amendement est adopt� � l’unanimit�.

Je mets aux voix le projet de recommandation pr�sent� par la Commission politique, contenu dans le Document 1913, ainsi amend�.

Le projet de recommandation, ainsi amend�, est adopt� � l’unanimit�. (Voir Recommandation n� 768).

8. Date, heure et ordre du jour de la prochaine s�ance

M. le PR�SIDENT– Je propose � 1’Assembl�e de tenir sa prochaine s�ance cet apr�s midi � 15 heures, avec l’ordre du jour conforme au calendrier.

Il n’y a pas d’opposition ?...

L’ordre du jour de la prochaine s�ance est ainsi r�gl�.

Personne ne demande la parole ?...

La s�ance est lev�e.

(La s�ance est lev�e � 13 heures.)


Haut de page
 
� 2005, Assembl�e de l'UEO